Plus sereine que jamais, adossée à son arbre fétiche dont elle ignorait le nom, Zoé avait posé son livre par terre, Les Fleurs du Mal, près de son sac en toile vide, sur l'herbe grasse qu'elle aimait tant caresser de ses doigts de pied.
Cela faisait deux heures que Zoé n'avait pas bougé, debout face aux passants, des couples chuchotant, des enfants riant ou encore pleurant. Elle n'avait rien à foutre de toutes ces petites vies, encore moins de la sienne qu'elle prenait un malin plaisir à souiller et à empoisonner, juste pour atteindre ces paradis artificiels.
Non, Zoé n'était pas accro, elle aimait simplement le regard de dégoût ou de rejet des gens qui la croisaient dans ce park, complètement défoncée, prenant racine à son arbre et à sa haine.
Zoé aimait les gens, pas pour ce qu'ils étaient mais pour le Mal qu'elle pouvait leur faire.
Elle aimait faire souffrir et ne s'en cachait pas. Apparaître comme un monstre aux yeux des Autres était la meilleure protection contre l'extérieur. La Solitude n'était plus suffisante en elle-même pour repousser le monde ; à cause de ces putains de mentalités qui reviennent à la mode :"aider son prochain", l'humanitaire devenu si lucratif, le prix du billet pour le paradis qui augmente avec le prix du pétrole...
Triste résultat : tous les paumés désireux de faire leur B.A, aux dépends de la pauvre Zoé, qui, Elle ne demande qu'à être seule.
Alors Zoé s'engagea à être détestée, haïe par tous, pour mieux se préserver.
Une fois seule elle pouvait se laisser submerger par les ténèbres, sentir le flot de haine humaine la recouvrir, traverser ses organes pour mieux les détruire, perforer ses intestins, pourrir son coeur, noicir plus encore ses poumons...
Dans ces moments-là, où se mélangeaient héroïne, alcools, haine naturelle et cafard infini, des pulsions forcaient les portes de sa raison, son esprit, compressé, se révulsait et se contortionnait de lutte et de douleur pour échapper à cette emprise perverse et diabolique.
Mais finalement Zoé se laisser sombrer, dans cet état exquis où elle n'était pas Zoé, où sa perception altérée ne connaissait plus de limite, où son monde s'élargissait inexorablement jusqu'à annihiler la Zoé, tranquille, adossée à un arbre, dans un jardin municipal, quelque part sur Terre.
Puis venait la paix. Le calme après la tempête.
Des médecins auraient appelé cela de la schyzophrénie, un nom qui lui écorchait les oreilles.
D'ailleurs Zoé n'aimait pas les noms, elle refusait de nommer les gens, ou les objets.
Car pour elle, nommer quelque chose, quelqu'un, c'était lui donner une importance particulière, lui signifier son existence, lui donner vie.
Pour Zoé rien n'avait d'importance.
Zoé était seule. Zoé était Dieu.
C'était ce qu'elle croyait.
Cela faisait deux heures que Zoé n'avait pas bougé, debout face aux passants, des couples chuchotant, des enfants riant ou encore pleurant. Elle n'avait rien à foutre de toutes ces petites vies, encore moins de la sienne qu'elle prenait un malin plaisir à souiller et à empoisonner, juste pour atteindre ces paradis artificiels.
Non, Zoé n'était pas accro, elle aimait simplement le regard de dégoût ou de rejet des gens qui la croisaient dans ce park, complètement défoncée, prenant racine à son arbre et à sa haine.
Zoé aimait les gens, pas pour ce qu'ils étaient mais pour le Mal qu'elle pouvait leur faire.
Elle aimait faire souffrir et ne s'en cachait pas. Apparaître comme un monstre aux yeux des Autres était la meilleure protection contre l'extérieur. La Solitude n'était plus suffisante en elle-même pour repousser le monde ; à cause de ces putains de mentalités qui reviennent à la mode :"aider son prochain", l'humanitaire devenu si lucratif, le prix du billet pour le paradis qui augmente avec le prix du pétrole...
Triste résultat : tous les paumés désireux de faire leur B.A, aux dépends de la pauvre Zoé, qui, Elle ne demande qu'à être seule.
Alors Zoé s'engagea à être détestée, haïe par tous, pour mieux se préserver.
Une fois seule elle pouvait se laisser submerger par les ténèbres, sentir le flot de haine humaine la recouvrir, traverser ses organes pour mieux les détruire, perforer ses intestins, pourrir son coeur, noicir plus encore ses poumons...
Dans ces moments-là, où se mélangeaient héroïne, alcools, haine naturelle et cafard infini, des pulsions forcaient les portes de sa raison, son esprit, compressé, se révulsait et se contortionnait de lutte et de douleur pour échapper à cette emprise perverse et diabolique.
Mais finalement Zoé se laisser sombrer, dans cet état exquis où elle n'était pas Zoé, où sa perception altérée ne connaissait plus de limite, où son monde s'élargissait inexorablement jusqu'à annihiler la Zoé, tranquille, adossée à un arbre, dans un jardin municipal, quelque part sur Terre.
Puis venait la paix. Le calme après la tempête.
Des médecins auraient appelé cela de la schyzophrénie, un nom qui lui écorchait les oreilles.
D'ailleurs Zoé n'aimait pas les noms, elle refusait de nommer les gens, ou les objets.
Car pour elle, nommer quelque chose, quelqu'un, c'était lui donner une importance particulière, lui signifier son existence, lui donner vie.
Zoé ne donnait pas la vie, elle s'éforçait de l'ôter.
Pour Zoé rien n'avait d'importance.
Zoé était seule. Zoé était Dieu.
C'était ce qu'elle croyait.



